LES BETA-ADRENERGIQUES

LES BETA-ADRENERGIQUES

 

S. SURANITI

L’ADRENALINE

L’ADRENALINE en tant que médicament a été mise sur le marché en 1966. Son utilisation première était l’arrêt cardiaque, mais elle n’a été couramment utilisée dans cette indication qu’à partir de 1980.

Son utilisation en tant que médicament du choc anaphylactique date de 1984 environ.

PHARMACOLOGIE DE L’ADRENALINE

L’adrénaline est utilisée pour ces effets Beta + et alpha +

1) Effet hémodynamique

L’Adrénaline provoque une augmentation du débit cardiaque immédiate et fugace : par augmentation de la PAS et diminution de la PAD, proportionnelles à la dose injectée.

L’effet Beta1 est un effet stimulant qui agit au niveau du myocarde sur les cellules contractiles

-celles du pace-maker

– la conduction

Les effets pharmacologiques sont :

– inotrope +,

– chronotrope

– dromotrope +

A l’électrocardiogramme, après injection &Adrénaline, on observe

a) une tachycardie b) un raccourcissement de l’espace PR c) un décalage plus ou moins important du segment ST

2) Effet extra-cardiaque

Il consiste en un effet :

– cutanéo-muqueux

– musculaire

– sur la circulation cérébrale,

– respiratoire,

– au niveau de la libération d’histamine mastocytaire

L’effet cutanéo-muqueux consiste en une vaso constriction locale L’effet musculaire : une augmentation du débit sanguin Au niveau de la circulation cérébrale, on constate une augmentation du débit sanguin cérébral à forte dose Au niveau respiratoire, après une injection &Adrénaline IV, on observe une apnée brève, suivie immédiatement d’une relaxation des fibres musculaires lisses bronchiques Enfin, l’Adrénaline inhibe la libération d’histamine mastocytaire (Beta 2)

L’Adrénaline en aérosol est un bronchodilatateur. L’effet est immédiat par injection intraveineuse et la demi-vie est de 2 mn.

PRESENTATION

L’Adrénaline est inactive par voie orale.

Par voie sous-cutanée, on obtient une résorption lente à cause de la vaso-constriction locale, dûe à l’injection d’Adrénaline

Inhalée, il y a peu de diffusion tissulaire et l’effet est une broncho dilatation.

On peut utiliser le produit par voie sublinguale et, uniquement dans un cadre de réanimation, en IV avec un patient conditionné, scopé.

Le produit se présente :

  • en ampoule de 0,25, 0,50 et 1 mg – en aérosol, à 40 mg/ml sous le nom de DYSPNE.INHAL – en kit auto-injectable par voie sous cutanée

 

EFFETS INDESIRABLES

2 effets indésirables principaux peuvent être constatés

– une arythmie ventriculaire qui nécessite de contrôler l’injection, soit utiliser la voie sous cutanée, éviter la voie IM qui ne permet pas de contrôler le bolus ; quand à la voie IV, elle sera lente et sous scope.

  • une hypertension artérielle brève et brutale.

 

LES B 2 STIMULANTS ADRENERGIQUES

Les 0 2 Stimulants Adrénergiques ont été mis sur le marché dans les années 1970 comme traitement bronchodilatateur de première intention de la crise d’asthme aigue.

Les B 2 sont les bronchodilatateurs de référence et les premiers produits mis sur le marché étaient des produits à effet immédiat, utilisables par inhalation. Ce sont des produits dont l’effet est de courte durée, citons :

– le Salbutamol (Ventoline@ en Spray ou Ventodisk@) – la Terbutaline (BricanyIO) – le Fénotérol (Berotec@) -le Pirbutérol (Maxairs)

Ces produits ont un effet immédiat et une durée d’action de 4 à 6 heures en moyenne.

Il existe depuis 1995 des produits à effet retardé qui ne sont pas des traitements de l’asthme aigu, à savoir :

– le Formotérol (Foradil@) – le Salmetérol (SereventO)

Leur durée d’action moyenne est supérieure à 12 heures.

La plupart de ces produits sont utilisables en spray, notons néanmoins que le Bricanylo est un produit injectable par voie sous cutanée.

D’autres présentations inhalées existent, à savoir des disques de poudre pour le Salbutamol (sous forme de VentodiskO), pour le ForadilO et le Serevent@. Ils sont utilisables sous forme de spray inhalés par 2 bouffées, mais également dans une chambre d’inhalation afin d’obtenir une meilleure absorption.

 

EFFETS PHARMACOLOGIQUES ATTENDUS

– relâchement des fibres musculaires lisses, ce sont des spasmolytiques. L’effet est constaté in-vitro par la relaxation du muscle lisse bronchique et in-vivo par une bronchodilatation.

In-vitro, on peut contracter des préparations musculaires lisses bronchiques par de nombreux agents : l’acétylcholine, l’histamine, la bradychinine, la sérotonine, les prostaglandines et les leucotriènes. L’adjonction des beta 2 sympathicomimétiques permet un relâchement de ces préparations musculaires lisses. Ce sont donc de puissants spasmolytiques. Cette activite est de plus universelle, étant donné le nombre de médiateurs différents impliqués dans le spasme musculaire lisse bronchique dans l’Asthme.

Néanmoins, il existe des interactions entre les médiateurs de l’inflammatoire et la réponse aux Beta 2 stimulants. Ainsi, différentes cytokines ILI, IL2, Interféron y et GMCSF sont capables de réduire de 20 à 60% la quantité d’adénozyme monophosphate cyclique (AMPC), induite par la stimulation des récepteurs Beta 2 par l’ISOPRENALINE.

Ceci permet d’expliquer la nécessité d’utiliser chez l’asthmatique des doses plus élevées de Beta 2 que chez des volontaires sains pour obtenir un même effet bronchodilatateur.

 

MECANISME D’ACTION

Les récepteurs Beta 2 existent sur les muscles lisses bronchiques, des grosses bronches aux bronchioles, ce qui contraste avec une libération sympathique très peu dense des muscles lisses bronchiques démontrée chez l’homme. La relaxation des muscles lisses induite par la stimulation des récepteurs Beta 2 passe par le déclenchement de la synthèse d’AMPC dont l’augmentation provoque l’activation des protéines kinases qui vont déclencher une cascade de réaction de phosphorylation de protéines impliquées dans la régulation du tonus musculaire lisse.

UTILISATION DES BETA STIMULANTS

Les beta stimulants Beta 2 sélectifs de courte durée d’action sont le traitement de première intention de la crise d’asthme.

Les beta 2 stimulants à longue durée d’action doivent être réservés au traitement au long cours des asthmes, qui nécessitent malgré l’utilisation de corticoides inhalés un recours aux beta 2 sélectifs de courte durée d’action plusieurs fois parjour, et aux asthmes nocturnes.

 

EFFETS SECONDAIRES

– tremblements,

– palpitations,

– tachycardie ex: Choc => => pouls à 140 + B2 ==>> pouls = 90 : par lever des

des spasmes malgré cet effet tachycardisant.

– éventuellement à très hautes doses : hypokaliémie.

 

CONTRE-INDICATIONS

– troubles cardio-vasculaires non contrôlés

– insuffisance cardiaque décompensée

Une contre-indication relative peut être liée au métier s’il est incompatible avec la présence de tremblements.