BILAN DE COAGULATION DE THROMBOPHILIE

Pourquoi demander un bilan de coagulation?

Parce que vous avez en face de vous un.e patient.e qui a tendance à faire des thromboses, phlébites superficielles et surtout profondes, et enfin qui a des ascendants familiaux qui ont eu, qui une embolie pulmonaire, qui une thrombose veineuse profonde, qui une thrombose artérielle inopinée… Recherche de thrombophilie, dit-on. On peut aussi étudier une hypocoagulation, rechercher une hémophilie héréditaire, mais ce n’est pas l’objet du bilan ci-dessous. Je ne parle pas non plus ici de la thrombose aigüe, thrombose du membre inférieur, l’embolie pulmonaire que l’on va rechercher par le dosage des d-Dimères, scintigraphie pulmonaire etc… mais de la détection du terrain thrombophile.

Que demander dans un bilan de coagulation pour thrombophilie?

En voici l’ordonnance type :

ANGERS LE

PATIENT /

Laboratoire Hémostase CHU Angers : 02 41 35 53 53
Dr Godon

Faire faire au Laboratoire, un bilan de coagulation à la recherche de  :

– NFS – Numération plaquettaire  ;
– TP – TCA  ;
– Fibrinogène  ;
– Activité Protéine C et S  ;
– Antithrombine III  ;
– Mutation Facteur II Leiden (mutation G 20210 A du facteur II, gène de la prothrombine).
– Mutation C677T du gène de la MTHFR (certains considèrent que ce dosage a moins d’intérêt, par la modestie de l’effet pathogène)
– Mutation Facteur V Leiden

– Anticorps Anti-Phospholipides (APL) (pathologies autoimmunes)  :
– Lupus anticoagulant circulant,
– Anticorps antibêta 2 glycoprotéine I
– Anticorps anticardiolipine IGG, IGM,

Résultats. Prise en charge.

Si vous détectez un terrain thrombophile, vous pouvez appliquer la prévention des thromboses à ces patient.e.s dans les conditions de la vie courante. La première desquelles est la prévention durant les voyages où l’on reste assis pendant des heures. En pratique on conseille à un.e thrombophile de marcher cinq minutes toutes les deux heures où qu’elle soit durant les transports, aériens essentiellement. Choisir une place dans l’allée centrale pour ne pas déranger les passagers en allant faire un tour. Mettre systématiquement des bas de contentions II durant le voyage. Boire suffisamment. Faire des étirements des jambes quand on est assis. Voire même prendre un anticoagulant, suivant l’importance de la thrombophilie. Et pas d’aspirine qui n’agit que sur le versant artériel, mais Xarelto, Eliquis qui sont bien adaptés. Rappelez-vous que les échodopplers qui ont été passé pour une étude à des patients en sortant de l’avion ont montré que 30% des passagers tout venant avaient des thromboses dans les jambes, c’est dire que les thrombophiles en ont à 70-90%!! Tant que les thromboses sont superficielles et uniquement dans les jambes, elles se résorbent spontanément en marchant, sans traitement, chez les non-thrombophiles. Mais pour les thrombophiles, il peut y avoir des complications emboliques dans ces conditions. Ne vous affolez pas. Faites doser votre coagulation par votre médecin traitant. Et appliquez une bonne et facile prévention.