GYNECO-OBSTETRIQUE

Médecine au féminin

Aucun médecin n’ignore combien la médecine est avant tout féminine. Je m’explique : les femmes consultent beaucoup plus souvent le médecin que les hommes, du fait qu’elles sont plus attentives à leur santé. A elles toutes seules, la gynécologie et l’obstétrique expliquent en grand partie la disparité homme/femme. Aussi allons-nous rassembler ici quelques informations qui s’adressent à vous, Mesdames !

GYNECOLOGIE

MENOPAUSE

GROSSESSE

Gynécologie

Votre surveillance médicale. ( MàJ Novembre 2013)

Un frottis du col utérin, au niveau de la jonction exocol/endocol, à la spatule d’Ayre, à l’écouvillon ou la cytobrush, (suivant l’ouverture du col), tous les trois ans dès que deux frottis annuels se sont révélés sains, à partir de 25 ans jusqu’à 65 ans, (sauf vie sexuelle précoce et partenaires multiples). On sait que le facteur déclenchant la dysplasie puis le cancer du col est un virus sexuellement transmissible le Papillomavirus. (HPV).

Mammographie,( une seule incidence oblique externe) tous les deux ans, de 50 à 69 ans. Sensibilité :95 % (contre 41% de l’examen clinique). Avant 50 ans, c’est la palpation qui est la meilleure détection « de masse »(dans la population, s’entend) du cancer du sein et vu qu’il n’y a « que » 30% de cancer du sein avant 50 ans! (La mammographie dans ce cas -là coûterait trop cher pour détecter un faible nombre de femmes porteuses de cancer. C’est ainsi, les politiques de masse : souvent révoltantes !) Cela dit, si vous avez un risque familial, vous serez et devez être dépistée et surveillée plus précocement : dès 40, voire 35 ans.

Tout cela ne peut se mettre en place que si votre département (français) participe à une campagne de dépistage du cancer du sein. Sinon, et ce n’est pas forcément plus mal : vous pouvez vous faire faire une mammographie à partir de 40 ans, ce qui est pratiqué par beaucoup de gynécologues… en leur âme et conscience !

A un récent congrès de gynécologie obstétrique, j’ai entendu que l’autopalpation des seins ne servait à rien… Personnellement, je connais plusieurs patientes qui sont à l’origine de la découverte de tumeur, pas forcément mammaire d’ailleurs. Alors, sans que cela vous angoisse, faites l’autopalpation des seins et des ganglions axillaires (sous les aisselles), au-dessus des clavicules, et au niveau du cou. Si vous trouvez quelque chose, vous me téléphonez ! 😉 (je veux dire à votre médecin !) (seuil tumeur palpable > 1cm)

Après la ménopause

N’hésitez pas : faites le traitement hormonal substitutif (THS). Oestrogène (Estradiol, hormone naturelle) en patch (Estraderm TTS) ou en comprimé (Divina) avec un peu de progestérone naturelle micronisée, 12-15j /mois). Que le mot « hormone » ne vous fasse pas peur : il s’agit de l’oestrogène naturel, celui que vos ovaires ont sécrété durant des décennies! (oestradiol). De même pour les progestatifs, il faut utiliser la progestérone micronisée qui elle seule ne présente pas de risques supplémentaires comme les progestatifs de synthèse. C’est également la même hormone que vous avez secrétée cycliquement tout au long de votre vie génitale, mesdames. Donc pas de risques supplémentaires de cancer ou troubles thromboemboliques, selon l’AFSSAPS appelée aujourd’hui Agence nationale de sécurité du médicament (ansm.sante.fr )pour les hormones naturelles. Les études internationales qui montrent des risques de cancers un peu augmentés utilisent des hormones de synthèse, genre Distilbene, et des progestatifs autres que la progestérone, d’où le biais de résultat observé. En plus c’est une étude américaine avec des personnes à l’IMC souvent au-dessus de 30! Donc non comparable avec notre étude.

En résumé, le traitement hormonal substitutif avec Estradiol et Progestérone naturelle ne présente pas plus de risque de cancer que le risque normal d’une femme durant sa période d’activités hormonales gonadotropes (avant la ménopause, autrement dit).

Les indications médicales sont larges : ostéoporose, bouffée de chaleur et autres troubles dus au manque d’estrogènes. Sécheresse vaginale, dyspareunie (douleur pendant les rapports sexuels) et enfin troubles psychiques ou de l’humeur (trouble du sommeil, asthénie…). Toutes les femmes peuvent en bénéficier en l’absence de contre-indications, vu le grand avantage de conserver une imprégnation hormonale estrogénique au-delà de la ménopause. Il est clair que les dernières années d’autres sons de cloche sont venus modifier cette vision idyllique. Mais nous sommes dans l’excès de l’inversion. Le juste milieu reviendra prendre sa part normale.

Les contre-indications sont :

  • Absolues
    • la Grossesse, bien sûr !
    • otosclérose, et otospongiose, (maladie de l’oreille moyenne ou interne)
    • Cancer du sein ou de l’utérus
    • Tumeurs hypophysaires
    • Hémorragies génitales non diagnostiquées
    • Connectivites (maladies immunitaires générales)
    • porphyries (maladie de l’hémoglobine)
    • Atteinte hépatique sévère.
  • Relatives (on peut essayé le THS quand même, sous réserve)
    • maladies thromboemboliques récentes ou avec séquelles)
    • tumeurs bénignes du sein ou fibrome utérin, endométriose
    • Élévation de la prolactine et galactorrhée (lait au mamelon)
    • Choléstase (stase de la bile dans le foie) ou prurit pendant grossesse.
    • Insuffisance rénale chronique
    • prudence dans les maladies du coeur (valves et troubles du rythme emboligènes), dans les maladies cérébraux vasculaires (accident vasculaire cérébral) et enfin pathologie vasculaire de l’oeil.

OBSTÉTRIQUE

GROSSESSE

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Surveillance de la grossesse normale :

1/ Échographies

Échographies à 12 SA (semaines d’aménorrhée), 22 SA et 32 SA.(+ou – 1 SA). Cette chronologie permet de retirer le maximum d’informations et doit être respecté.

Intérêt : à 12 SA: Précise la grossesse, la date, la chiffre (jumeaux?), fait un premier examen morphologique, et mesure l’épaisseur de la nuque, signe d’appel précoce d’anomalie chromosomique.

à 22 SA : Il s’agit de dépister toute anomalie, retard de croissance précoce, trouble des échanges foeto-maternels orientant vers des anomalies chromosomiques ou syndromes polymalformatifs.

à 32 SA : Précise la croissance foetale, la position et la maturation placentaire, les anomalies de liquides amniotique et l’évolution de toutes les structures foetales précédemment observées.

2/Surveillance biologique

B-HCG:marqueur sérique de la grossesse, dosé à 12 SA.

PAPP-A : pratiqué entre 9 et 11 SA.

Ces marqueurs, corrélés avec la mesure de l’épaisseur nucale à l’échographie permet de dépister précocement la trisomie 21 environ 7 fois sur 10.

Si vous êtes enceinte d’une grossesse normale, je vous conseille de ne pas lire plus loin cette page… Départ immédiat >>> (il vaut mieux ne pas savoir, parfois !) ou Retour

Surveillance des grossesses pathologiques : Grossesse multiple : écho mensuelle. Antécédent malformatif, écho plus précoce ; pathologie génétique familiale connue, femme diabétique ou hypertendue, surveillance mensuelle. Retard de croissance intra-utérin, pathologie infectieuse dépistée pendant la grossesse (toxoplasmose, cytomégalovirus) à la recherche d’atteinte foetale.

Le diagnostic des anomalies cardiaques en anténatal à l’échographie a progressé de 10% à 50% en 10 ans. Ceci permet d’intervenir dès la naissance pour sauver la vie de l’enfant. La collaboration entre les différentes équipes : obstétriciens, échographistes, cardiopédiatres, néo-natalogistes et chirurgiens est alors indispensable.

Les anomalies du cerveau peuvent apparaître durant toute la grossesse. Même la dernière écho à 32 SA permet de constater des anomalies de la giration du cerveau sur lui-même (comme les cornes d’un bélier, grosso modo) et peut indiquer même tardivement un avortement thérapeutique, vu leur pronostic très sévère.