INSTABILITE DISCALE LOMBAIRE IDL

Il s’agit d’un tableau clinique de hernies et/ou protrusions discales lombaires à manifestations douloureuses fluctuantes déclenchées par des gestes de la vie courante, des plus insignifiants au plus déterminants : changement de position, se pencher en avant des fois légèrement, devant un évier par ex, jusqu’aux ports de charges mal gérés. Ce tableau d’instabilité discale lombaire (IDL) est pénible à vivre car le patient est dans l’incertitude d’être en capacité de faire ce qu’il doit faire dans la vie courante. Pour un oui ou un non, il se retrouve coincé, plus ou moins, mais rarement de façon hyperalgique prolongée. Ce sont plus souvent des élancements dans les nerfs sciatiques ou cruraux, voire uniquement dans la région lombaire, en toussant, éternuant, se levant d’un siège, au sortir de la voiture ; en vidant le sac de course du coffre ; bref tous les gestes que l’on répète presque tous les jours, d’où le handicap chronique que l’IDL constitue. Et pourtant les médecins souvent ne prennent pas au sérieux cette pathologie, puisqu’elle ne s’installe pas en un tableau criant et opératoire. La vie du patient est bien gâchée par l’IDL, et d’autant plus mal vécue qu’il n’est pas reconnu dans son mal. Il a de quoi en avoir « plein le dos! »
Un facteur déterminant de cette pathologie est un défaut de lordose lombaire. La cambrure des vertèbres lombaires est souvent insuffisante et se concentre en général sur le dernier disque, en L5-S1 de la colonne lombaire qui en caisse la cambrure à lui tout seul, avec les conséquences arthrosiques sur les articulaires postérieures au fil des décennies. Qui dit défaut de lordose pourrait signifier cyphose. Cela ne va pas jusque là au niveau lombaire, mais une rectitude de la colonne comme on voit sur l’IRM à droite avec une colonne lombaire rectiligne favorise l’IDL. Quand on visualise le positionnement des disques lombaires et leur fonctionnement, on comprend que le noyau du disque, le nucleus pulposus qui avance et recule suivant que l’on se penche ou pas, va reculer plus facilement vers les nerfs sciatiques et cruraux et la moelle épinière (qui s’arrête en L2) si la colonne est droite au lieu d’être cambrée, puisque cette position bloque le recul des noyaux des disques. Quand le disque est sain, bien hydraté, le noyau peut reculer et revenir à sa position de départ au centre du disque sans aucun problème. C’est dans un disque aplati parce que déshydraté que ce noyau, nucleus, peut rester coincé vers l’arrière comme vous voyez sur l’image à gauche, la hernie en rouge.
La video suivante est un exercice dit de Mc Kenzie de cambrure de la colonne lombaire. En yoga la posture du cobra. Vous pourrez visualiser ce noyau discal positionné trop en arrière, et le fait de se cambrer qui permet de le renvoyer en avant vers le centre discal. Excellent exercice. Voyez plutôt cette animation :

Cet exercice a une contre-indication : la présence d’un spondylolistesis (glissement antérieur d’une vertèbre par rapport à celle du dessous) important (stade 2, 3 ou 4) qui déjà entraîne une cambrure excessive entre deux vertèbres lombaires par rupture de l’arc postérieure d’une vertèbre dont le corps glisse vers l’avant. Se cambrer dans ce cas là pourrait aggraver ce glissement, listesis, de la vertèbre.
Vous remarquez qu’être vautré dans un canapé, le dos rond jusqu’en bas, favorise le recul de noyaux discaux instables. En fait toutes les positions où l’on arrondit les lombaires sont souvent celles qui coincent les lombes, « les reins », en fait les disques intervertébraux, quand on se redresse de cette position. D’où la vigilance indispensable à la position des lombaires pour les cambrer systématiquement quand on doit revenir d’une position décambrée, arrondie, fléchie en avant des lombes. Vous vous levez du canapé? Tentez de cambrer les lombaires avant de vous redresser, et vous verrez, ça passe beaucoup mieux que si vous ne le faites pas, quand vous souffrez des lombaires et ou que vous avez tendance à vous coincer le dos en vous relevant d’un canapé, ce qui n’est pas rare.

Au départ, l’exercice de Mc Kenzie peut être inconfortable. Il faut le faire doucement, trente secondes cambré, puis repos trente secondes et recommencer cinq fois. Quand vous êtes plus à l’aise au fil des jours, car il faut le faire tous les jours, c’est mieux, au départ, vous pourrez alors pousser sur les bras et vous redresser davantage que rester sur les coudes comme le sphinx pendant une minute, repos trente secondes. Et vous verrez qu’au fil des jours, des semaines, votre colonne lombaire sera  beaucoup plus stable. La facilité avec laquelle vous pouvez cambrer les lombes indique que les disques et leur noyau sont plutôt en place.

Pour arriver à bien décontracter les muscles para-vertébraux lombaires, ce qui est nécessaire pour réduire une hernie discale, en position ventrale, il est parfois utile de caler son tronc avec un gros oreiller, 25-30 cm épaisseur, voire plié en deux si besoin et assez ferme pour ne pas s’enfoncer sous le poids et ainsi n’avoir pas d’effort pour maintenir la cambrure du rachis. On peut se mettre aussi sur un gros fauteuil le ventre dans le creux du fauteuil et les bras croisés au dessus du dossier, l’inverse de d’habitude ; pendant quelques minutes ça peut permettre de se cambrer sans effort et décontracter les muscles lombaires, permettant ainsi au noyau discal de revenir en position antérieure, normale. Attention à ne pas basculer en avant, bien entendu, le fauteuil doit être assez lourd pour rester stable malgré votre position inhabituelle. Vous pourrez voir d’autres vidéos sur youtube sur la méthode Mc Kenzie, par des kinés en particulier avec leurs conseils en général pertinents. Mais l’essentiel est décrit ici. Enfin, l’étirement du rachis en tenant une barre fixe solidement fixée en hauteur peut être utile aussi, associée à l’exercice de McKenzie, mais pas en même temps, bien sûr. L’enjeu est là aussi d’arriver à décontracter les muscles des lombaires tout en tenant fermement les mains fermées sur la barre.