MEDECINE PSYCHOSOMATIQUE / HISTORIQUE

HISTOIRE DE LA MEDECINE PSYCHOSOMATIQUE

 

Hippocrate et l’école de Cos, dans l’antiquité grecque ( Vè siècle avant notre ère): Une médecine du corps et de l’âme qui a pour objet l’homme malade dans sa totalité, et qui tient compte du tempérament du malade et de son histoire. La maladie est conçue comme une réaction globale de l’individu, l’intervention thérapeutique doit rétablir l’harmonie perdue.

Maïmonide, au XIIè siècle, en Espagne, talmudiste, philosophe et médecin de culture arabe: il est l’auteur de nombreux traités et considère la maladie comme la rupture d’un équilibre à la fois physique et psychique.

Stahl au XVIIè siècle, en Allemagne: chef de l’école vitaliste qui renoue avec le principe d’une médecine
de la personne totale, par opposition au dualisme préconisé par Descartes qui construit une physiologie où tout est ramené à la matière.

De Bekerley et Hegel pour lesquels seule l’âme est seule réelle, jusqu’aux matérialistes Hobbes, De la Mettrie, Cabanis, Moleschott, Haeckel, qui excluent toute dimension non seulement immatérielle, mais psychologique, nous rencontrons tous les degrés, toutes les relations entre le corps et l’esprit, le psycho et le soma,  considérés comme une dualité fonctionnelle :

Descartes voit une interaction corps esprit réciproque ;
Leibniz un parallélisme en parfaite corrélation ;
Aristote et Thomas d’Aquin, un « hylomorphisme », c’est-à-dire que corps et esprit sont d’une seule et même substance, et enfin
Wundt une manifestation sous deux aspects corporel et mental d’un même organisme.
Heinroth, au XIXè siècle, en Allemagne; le premier à utiliser le terme psychosomatique.

Freud et le courant psychanalytique: les travaux sur l’hystérie de conversion (1895) va apporter à l’approche psychosomatique un envol décisif. (D’un point de vue strict, dans une perspective psychanalytique, le trouble psychosomatique s’oppose à la conversion hystérique. En effet, dans celle-ci le symptôme exprime, avec l’aide des moyens somatiques, un fantasme inconscient. Alors que dans celui-là, le symptôme somatique n’aurait pas de valeur symbolique. Toutefois, en pratique, l’opposition n’est pas si tranchée. )

Ensuite Alexander et Dunbar(1938): l’école de Chigago postulats sur la spécificité du conflit, (par exemple un conflit relationnel avec la mère pour expliquer l’asthme), ou sur la spécificité des personnalités.

Marty et l’école de Paris (1960): une théorie mettant l’accent sur le point de vue économique de la théorie psychanalytique; une tentative d’approche globale de l’homme, qui est considéré soumis en permanence à un ensemble de mouvements « évolutifs » et « contre-évolutifs ». Marty et de M’uzan ont décrit, à partir de leurs observations de patients souffrant d’affections organiques chroniques, un mode de fonctionnement mental qui caractériserait la structure psychosomatique. Ils argumentèrent sur trois aspects essentiels qui sont:

– la pensée opératoire qu’ils définirent comme une forme de pensée sans liens apparents avec la vie
fantasmatique, de tonalité rationnelle et factuelle et de temporalité restreinte et actuelle;

– l’inhibition représentative de base, c’est-à-dire l’absence totale de rêves et de fantasmes;

-la réduplication pseudo-projective, c’est à dire un mode particulier de rapport à autrui où l’Autre
est mal perçu dans sa singularité et sa différence.

C’est dire qu’il fallait arriver au XXème siècle pour faire quelques lumières sans préjugés sur cette question ancienne!